entrevue avec lydia amazouz, organisatrice de la campagne dbfc à l’université de montréal et co-coordonnatrice média et engagement du dbfc

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Comment est-ce que tu t’es impliqué dans DBFC?

 

J’étais en première année de droit et je cherchais à m’impliquer au sein du comité féministe Femmes et Droit de ma faculté de droit à l’Université de Montréal. Un jour, je suis tombée sur la campagne photos de DBFC de McGill et j’ai proposé le projet au comité Femmes et Droit. L’idée leur a plu, mais personne n’avait le temps de s’en occuper. J’ai donc pris l’initiative d’organiser moi-même la séance de photos. La réponse de la communauté étudiante a été très positive. Trop souvent, on demande aux étudiant.e.s d’écouter des conférenciers ou des conférencières leur parler du féminisme au lieu de donner l’opportunité aux étudiant.e.s d’agir, de dire ce qu’ils et elles pensent de la place du féminisme dans leur vie et dans leur futur milieu de travail. La campagne actuelle met réellement les étudiant.e.s au cœur de la discussion.

Qu’est-ce qui explique le succès au Canada de la campagne DBFC à ton avis ?

Je crois que la campagne connait beaucoup de succès d’abord parce qu’elle place l’opinion de la communauté étudiante au cœur de ses activités, mais aussi parce que la stratégie de diffusion du message est en phase avec la société d’aujourd’hui. Les gens sur les médias sociaux ne lisent plus de longs textes et n’écoutent pas de vidéos qui s’étirent sur plusieurs minutes. La campagne DBFC est bien adaptée à cette réalité avec son approche efficace et minimaliste donnant une voix à des personnes aux réalités multiples. Une conférence permet de rejoindre peut-être 300 personnes au maximum sur Facebook, et peut-être 30-40 personnes seront réellement présentes, alors que les campagnes comme DBFC axées sur les réseaux sociaux vont en rejoindre des dizaines de milliers et leur permettre ainsi d’initier presqu’immédiatement une réflexion personnelle sur le féminisme dans le milieu juridique.

Pourquoi crois-tu que c’est important de donner une voix aux étudiant.e.s dans les questions touchant le féminisme?

D’abord, ce genre de campagne permet d’initier ou d’approfondir une réflexion personnelle en se demandant comment on perçoit soi-même le féminisme dans notre vie et permet ensuite d’enrichir cette réflexion au contact des multiples points de vue et réalités qui sont illustrés dans la campagne. Comme individu, il est parfois difficile d’agir pour faire bouger les choses, mais je crois que c’est en créant une telle discussion que les acteurs et actrices du secteur juridique vont être sensibiliser aux enjeux soulevés et ainsi remettre en question l’état actuel des choses.

Quelle est la place du français et des universités francophones dans la campagne selon toi?

Les universités francophones sont historiquement très militantes, mais je crois qu’il manque encore un petit élément déclencheur pour que DBFC prenne réellement son envol dans la communauté francophone. Je crois qu’on a seulement besoin d’une personne qui prenne en charge d’organiser une telle initiative sur son campus, de dire « moi, je vais le faire ». Je crois que l’initiative s’est développée plus rapidement à l’UdeM que dans les autres universités francophones, car notre faculté de droit est très liée à celle de McGill. Également, il ne faut pas oublier que la majorité des facultés de droit canadiennes sont anglophones. On ne compte que 5 facultés de droit francophones dans tout le Canada, dont 4 au Québec. Ce n’est donc pas étonnant que la plupart des citations que l’on retrouve sur les photos de la campagne soient en anglais. Cependant, le volet national de DBFC fait des efforts pour efforts pour augmenter la place du français dans la campagne notamment en proposant des ateliers en français pour la deuxième édition du forum national.

 

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